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«Equivalences», numéros 36/1-2, Bruxelles, 2009, p. 201

Cette fiche de lecture ne propose que les articles consacrés à la langue française ou rédigés en français et concernant des questions méthodologiques générales.

Françoise WUILMART, Hommage à Henri Meschonnic, p. 5-9
Dans cet essai, qui constitue le texte du discours prononcé lors de la séance de clôture de la session d’été 2009 du collège de Seneffe, le 29 août 2009, l’auteur rend hommage à Henri Meschonnic, dont la récente disparition a bouleversé le monde de la traduction. L'auteur cherche ici à reconstruire la pensée et la figure de Meschonnic dont les études ont apporté une contribution fondamentale dans ce champ scientifique, notamment pour son approche philosophique-linguistique de la langue et de la traduction. A travers un recueil des citations les plus importantes, Wuilmart propose ainsi la géniale pensée de ce savant, tout en étant consciente des raccourcis et des simplifications qu'une telle visée comporte.
Albert ASSARAF, Le ligasigne, p. 11-35
Dans son article, l'auteur théorise l'existence d'une dimension du signe outre celles proposées par Charles Sanders Peirce qui parlait de qualisigne, sinsigne et légisigne. Or, selon Assaraf, le ligasigne représenterait la quatrième dimension du signe nécessaire pour déclencher le processus de signification. Ce signe, comme l'explique l'étymologie du mot, permet de hiérarchiser et de catégoriser tout ce que l'esprit perçoit, imagine, ressent ou entend. Vu que le ligasigne n'a d'autre objet que les rapports de force entre A et B, ses uniques substances sont les rapports de jonction et de position. Le ligasigne permet, en ce sens, de distinguer les signes qui auraient le même poids et la même force. De plus, il permet une classification cohérente des performatifs et montre que les interprétants déductifs, inductifs ou abductifs ne se produisent que grâce à l'existence du lien.
Nadia D'AMELIO, Traduire les palimpsestes: l'épisode Circé de l'Ulysse de Joyce, p. 37-52
L’étude de D'Amelio consiste en une analyse comparative de deux traductions françaises de l'«Ulysse» de Joyce et notamment d'un extrait tiré de l'épisode «Circé». L'analyse vise, en particulier, à mettre en perspective le texte et les traductions de 1929 (Morel et Larbaud) et de 2004 (Aubert) de façon à mieux cerner leur position par rapport aux niveaux épique et religieux et par rapport aux traditions culturelles. L'étude se propose aussi de mesurer le dégré de verticalité que les textes, original et traductions, ont réussi à créer. L'auteur examine, donc, la dimension historique, religieuse et culturelle des traductions et s'occupe notamment des archaïsmes, de l'hérésie, de l'hyperbole et du blasphème, du vernaculaire, du charabia enfantin et étranger et de l'argot. S'agissant d'un palimpseste, les traductions devraient restituer la trame diachronique du texte. Il en résulte que la traduction plus récente opère un retour à l'original plus marqué par rapport à la traduction de 1929, qui offre une restitution moins précise de l'original: la traduction de 2004 rend mieux les idiosyncrasies de l'original, contrairement à la traduction de 1929, plus focalisée sur le sens du poème que sur la traduction.
Vincent DELIGNE, Analyse de disfluences: étude des reprises dans un exercice de traduction à vue anglais-français, p. 53-72
Dans cette contribution, l'auteur s'attache à examiner le fonctionnement des disfluences et notamment du phénomène des reprises dans un exercice de traduction à vue anglais-français. Selon l'auteur, qui souligne l'absence d'études des disfluences dans le cadre du langage oral traduit, l'analyse des reprises contribuerait à la compréhension du processus cognitif lié à l'exercice de la traduction à vue. A partir de l'hypothèse selon laquelle l'analyse des reprises représente un critère significatif dans le cadre d'une évaluation globale et multiparamétrique de ce type de traduction, l'auteur présente, en premier lieu, la méthodologie de sa recherche et, dans le détail, les sujets impliqués, le matériel linguistique, la procédure expérimentale et les résultats obtenus. Ceux-ci sont ensuite analysés de manière quantitative et qualitative. A la fin de sa recherche, l'auteur constate que les reprises jouent un rôle essentiel dans l'évaluation de la qualité d'une traduction à vue, à condition que l'étude de leur nature l'emporte sur la prise en considération de leur nombre. En même temps, l'auteur souligne l'importance de la connaissance des sujets en tant qu'individus, vu que la personnalité et les performances décelées au cours de l'année permettent de mieux expliquer le mode de fonctionnement des reprises.
Jean GOMEZ, La construction de la phrase allemande, p.111-124
Dans cette étude, l'auteur s'efforce de donner un cadre clair, bien que non exhaustif, des points forts de la phrase allemande dont la construction apparaît particulièrement difficile à l'apprenant francophone. Ce dernier est, en effet, habitué à sa langue maternelle qui se distingue de l'allemand pour la rigidité et la brièveté des énoncés. Des grammaires allemandes destinées à l'apprenant français évitent d'aborder cette question si difficile à illustrer; d'autres, au contraire, s'attardent sur ce sujet et proposent des règles trop théoriques. A partir du principe «Grau ist alle Theorie» et de l'idée que la formulation correcte d'un message constitue l'objectif primaire dans l'apprentissage d'une langue, l'auteur illustre les règles fondamentales de la construction de la phrase allemande en laissant de côté l'ordre affectif. Pour ce faire, il distingue entre les éléments ayant une place fixe et ceux dont la position peut varier suite à l'effet communicatif. A l'aide de plusieurs exemples, l'auteur clarifie, tout d'abord, la construction de la proposition énonciative et, notamment, la position du premier et du deuxième élément et de ceux du milieu de la phrase; ensuite, c'est la construction de la proposition subordonnée qui est traitée et, dans le détail, les propositions relatives et infinitives.
Pascaline MERTEN, Traduire un jeu n'est pas un jeu d'enfant, p.125-143
L'auteur se propose ici de réfléchir sur les difficultés liées à la traduction des jeux vidéo dont la complexité réside non seulement au niveau du scénario, mais aussi au niveau du texte. Après l’éclaircissement de quelques notions terminologiques et l'illustration du classement des jeux vidéo ainsi que des plates-formes, des genres et des langages de programmation, l'auteur explique les contraintes auxquelles le traducteur des jeux vidéos est généralement soumis. La complexité de l'intrigue et le rapport du jeu au monde réel en sont deux exemples. Toutefois, la localisation et l'internationalisation du jeu influencent de manière importante la traduction, tout comme l'espace du vidéo qui oblige le traducteur à des choix bien précis. La confidentialité, l'absence de contexte et l'interactivité contribuent à rendre plus complexe le travail du traducteur, qui doit aussi faire face à des questions linguistiques et culturelles: la créativité linguistique et la «transcréation» deviennent ainsi deux mots clés dans la traduction des jeux vidéo. Enfin, après l'illustration du cours de localisation des jeux vidéo du projet eCoLoMedia, l'auteur conclut en affirmant l'importance d'une formation adéquate pour ce genre de traduction qui pourrait sembler très simple pour le public auquel le jeu est destiné.
Ghisaline VIRÉ, Version traduction et didactique de la traduction: quelques réflexions à propos du latin, p. 157-177
Dans cette contribution, l'auteur s'interroge sur la question de la didactique de la traduction du latin. Pour ce faire, elle réfléchit, dans la première partie de son analyse, aux notions de «langue étrangère» et de «traduction» telles qu'elles étaient envisagées dans l'antiquité romaine. La traduction du grec vers le latin et vice versa constituait, pour ce peuple, une pratique quotidienne: toutefois, la pratique de la traduction se révélait diversifiée et ambigüe au niveau des objectifs et des méthodes. Cette ambigüité est aussi visible dans la multiplicité des termes employés par les Romains pour désigner la traduction. Après une analyse des mots «vertere» et «version», l'auteur illustre les spécificités du latin qui en influencent la didactique et les objectifs de son apprentissage que tout enseignant doit considérer. A travers la prise en compte des différences entre l'enseignement du latin au niveau secondaire et universitaire, l'auteur souligne la nécessité d'utiliser des méthodes de traduction visant à appréhender le sens du texte et ses éléments linguistiques et extralinguistiques, de manière à fournir à l'étudiant une méthodologie de traduction précise et définie.
[Elisabetta QUARTA]

Per citare questo articolo:

, «Equivalences», numéros 36/1-2, Bruxelles, 2009, p. 201, Carnets de lecture n.14, 15, 0, http://farum.it/lectures/ezine_articles.php?id=206

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