Versione stampabile

Jean-Michel ADAM

Les textes : types et prototypes – Récit, description, argumentation, explication et dialogue

Jean-Michel ADAM, Les textes : types et prototypes – Récit, description, argumentation, explication et dialogue, Paris, Armand Colin, 2008 (1ère éd. 1997), pp. 223.

Se proposant d'établir un classement des différentes typologies de textes, Adam reconnaît tout d’abord la difficulté à les classer de manière univoque ou exhaustive. En effet, tout type de texte et, plus largement, toute production langagière, présente une nature compositionnelle tout à fait hétérogène et complexe. A partir d’un cadre théorique reposant sur les classifications des textes les plus traditionnelles (proposées entre autres par Bakhtine, par Werlich, ainsi que par de Beaugrande et Dressler), l’auteur limite son domaine d’analyse à cinq types élémentaires de textes, tirés de catégories culturellement préexistantes : le récit, la description, l’argumentation, l’explication et le dialogue. Le principe qui soutend ces cinq typologies consiste en l’identification de prototypes séquentiels, à savoir en l’individuation dans un texte de séquences assez floues et opératoires, pouvant apparaître dans plusieurs textes de manière transversale donnant lieu à des mélanges de séquences. D’où des « unitypes » ou des « pluritypes » de textes, où les prototypes narratif, descriptif, argumentatif, explicatif et dialogal peuvent être reconnus. La différence entre textes et prototypes s’établit en tenant compte des participants au texte : les quatre premières catégories sont réunies sous l’étiquette de « formes monogérées », la dernière sous celle de «forme compositionnelle polygérée ». Cette approche aurait l’avantage de montrer non seulement que les énoncés produits représentent une actualisation assez fidèle des prototypes de base, mais aussi que ces actualisations permettent de rendre plus aisée la distinction entre catégories
En particulier, l’introduction de la séquence en termes d’unité intermédiaire entre la phrase et le texte entraîne une analyse fondée sur la souplesse du prototype plutôt que sur la distinction plus ancienne entre types de textes. Parmi les prototypes répertoriés, c’est le prototype dialogal qui est le plus rigoureux : par rapport aux autres, il présente une structuration hiérarchique figée qui transparaît dans les textes conversationnels et qui est due à la présence de séquences de type phatique et de type transactionnel, organisées sur la base d’un nombre variable d’échanges, à la fois composés d’un nombre d’interventions varié.
Enfin, le linguiste rappelle que le nœud central de la séquentialité concerne la lecture et l’interprétation que le lecteur fait du texte, d’où l’appui sur la cohésion, qui figure dans toute opération de classification et dont le pivot réside en des schémas prototypiques abstraits et culturellement transmis. Il s’ensuit que, « [a]vant de s’ouvrir sur l’espace interprétatif de toutes les lectures possibles, la nature séquentielle des faits de langue et l’existence de prototypes guident et matérialisent le processus interprétatif du producteur lui-meme » (Adam, 2008 : 196).
Quant à la présente édition - la 4ème - l’auteur remarque non seulement que la plupart de cet ouvrage tire son origine de volumes préalablement publiés par lui-même (Linguistique textuelle, notamment), mais aussi le succès que les prototypes de séquences ont obtenu au cours des années. Malgré cela, il note néanmoins un certain délaissement de la prise en compte des avantages découlant de l’emploi des prototypes. Ceci contrairement à la raison même qui l’aurait poussé à la création des prototypes : la critique aux typologies textuelles et, plus largement, aux grammaires de texte.

(ALIDA M. SILLETTI)

Per citare questo articolo:

Jean-Michel ADAM, Les textes : types et prototypes – Récit, description, argumentation, explication et dialogue, Carnets de lectures n.7, 8, 0, http://farum.it/lectures/ezine_articles.php?id=93

Il logo di Farum

Questo sito è stato realizzato con DOMUS